protocole d’accueil des victimes

protocole d’accueil des victimes

Mettre en sécurité : protéger la victime, proposer un lieu dans lequel elle peut reprendre ses esprits le temps qu’il lui faut, proposer un trajet sûr vers l’hôpital/le commissariat/chez elle suivant son souhait, s’assurer qu’elle ne se retrouve pas de nouveau en contact avec son agresseur ou un autre agresseur potentiel.

 

Interagir avec la victime :

  • Il est nécessaire d’identifier un espace dédié à l’accueil des victimes, plus calme et en retrait du reste du festival ou du lieu de la fête. Consulter la fiche “Créer un espace safe” lien hypertexte.
  • Rappeler à la victime le cadre d’écoute et ses droits : l’importance pour la victime d’être écoutée, de répondre à ses attentes et à ses besoins, de faire valoir ses droits, de ne pas oublier l’existence des spécificités traumatiques des violences sexuelles.
  • Ne jamais forcer une victime à faire quoi que ce soit, cela serait vécu comme une seconde violence. 
  • Beaucoup de victimes, même bien informées, ne souhaitent pas porter plainte, ou du moins, pas immédiatement. Il ne faut pas les forcer, ce serait une violence supplémentaire. Dans ce cas, réorienter vers des organismes qui pourront prendre en charge la suite, hors du cadre du lieu festif. Lui assurer notre soutien si elle porte plainte ultérieurement, maintenir à sa disposition le résumé écrit de l’interaction qu’on a eu avec elle à ce moment là s’il existe, lui proposer de témoigner.
  • Une victime ne doit pas partir seule mais on ne peux pas vraiment l’en empêcher. Si elle ne part pas avec la police, il faut lui proposer d’appeler des ami-e-s, de la famille (des personnes qui puissent l’accompagner) et d’attendre en sécurité sur place qu’ils arrivent. Lui proposer un accueil le temps qu’elle soit capable de repartir seule si vraiment elle ne souhaite pas faire autrement.
  • Ne pas mettre en doute la parole de la victime (les preuves sont à chercher par la police, pas par vous).
  • Déculpabiliser la victime, lui dire que l’agresseur n’avait pas le droit.
  • Suivre le dispositif prévu en amont qui indique qui on doit prévenir : référent sur le lieu festif, gendarmerie ou police, et qui parmi l’équipe est à même de rester avec la victime en attendant.
  • Ne pas faire d’injonctions, il n’y a pas de “bonne façon de se comporter en victime”
  • “Étouffer l’affaire” est un problème (sociétal), pas une solution !

 

Ne pas dire :

  • “Elle s’est faite violer/agresser”, non elle n’y est pour rien, elle n’a rien fait pour, dites désormais : Elle a été violée/agressée. 
  • Qu’une femme vous a “avoué avoir été violée” : c’est au coupable d’avouer, celui qui est responsable du crime, dites désormais : elle m’a confié avoir été violée.
  •  Qu’il s’agit de “relation sexuelle imposée” : il n’y a pas de relation entre un agresseur et sa victime. Dites désormais : qu’il y a un agresseur de crimes sexuels et une victime que vous aiderez à faire valoir ses droits. Dites désormais : “rapport sexuel” pour ne plus dire “relation sexuelle”.

 

5 phrases clés pour accueillir les personnes victimes de violences :

  1. “Je te crois”
  2. “Je te soutiens/ tu n’es pas seul.e”
  3. “Ce n’est pas de ta faute/ Ce n’est pas toi la coupable”
  4. “Il/elle n’avait pas le droit de faire ça / c’est interdit”
  5. “Je peux t’aider / Nous allons trouver de l’aide”

 

Le premier réflexe, lorsqu’une victime de violences nous parle, c’est souvent de poser des questions, de demander des détails. “Comment ça ?”,”C’est arrivé quand?”… Les violences sont tellement difficiles à entendre qu’on va essayer d’en savoir plus. Or, il n’y a pas besoin de détails pour comprendre et accueillir la personne

Notre conseil : ne pas commencer par des questions. Commencer par dire des choses gentilles. Des choses que la victime n’aura souvent JAMAIS entendu avant.

  • Je te crois

Dans notre société, la parole des victimes est quasiment systématiquement remise en cause. Dire « je te crois » à une personne victime de violences, c’est reconnaître qu’elle ne fabule pas, que ce qu’elle a vécu est grave.

  • Je te soutiens
  • C’est lui le coupable

Les victimes de violences ont toujours l’impression qu’elles sont coupables ou responsables des violences subies. Remettez la culpabilité au bon endroit et rappelez, plusieurs fois : une personne n’est jamais responsable des violences subies.

  • Il n’avait pas le droit, C’est la loi

Les violences sont graves. Elles sont punies par la loi. L’injure sexiste en public est punie jusqu’à 6 mois de prison, le harcèlement sexuel jusqu’à 3 ans de prison, l’agression sexuelle et les violences conjugales jusqu’à 10 ans, le viol jusqu’à 20 ans.

 

Cette fiche a été réalisée grâce à Marie Krumpe Quarré, formatrice au CFCV (Collectif Féministe Contre le Viol) et à Anna Merigeaux du collectif Les Catherinettes.

 

En savoir +

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Consulter la fiche “Créer un espace safe” lien hypertexte

Consultez le livret juridique du CFCV.

Le site gouvernemental sur les violences sexistes et sexuelles

Vidéo “Elle l’avait bien cherché” reportage diffusée sur Arte sur la prise en charge judiciaire des plaintes pour viol.

Dossier “Et si on parlait consentement” du CPF (Planning familial) Belgique 

Podcast “Les couilles sur la table : consentement, le rôle des hommes” 

Reportage “Infrarouge : consentement la zone grise”, reportage diffusée sur France 2.